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contexte : le Togo est un petit pays d’Afrique de l’Ouest ouvert sur l’Atlantique, de 56 600 km2, bordé au nord par le Burkina Faso, à l’ouest par le Ghana et à l’est par la République du Bénin.
Il compte quelque cinq millions d’habitants. En 2000, son indice de développement humain le plaçait au 141e rang des 173 pays des Nations Unies. Faute d’investisseurs, l’Etat s’était désengagé par une loi de décentralisation sans mesure d’accompagnement. Des troubles socio-politiques avaient éclaté dans tout le pays et dans la région, suite à une revendication populaire pour une plus grande démocratisation du pays. Ancienne station touristique prisée des naturalistes, botanistes et amateurs de safari papillon, le Mont Kloto était dévasté par les feux de brousses, les réserves livrées au pillage.
quoi : l’Association Découverte Togo Profond (ADETOP ) est une ONG dédiée à la restauration de la région de Kloto, dans la chaîne de l’Atakora, à une centaine de kilomètres au nord-ouest de Lomé. Depuis 1997, elle conduit des programmes d’éducation à l’environnement, de replantation et de conservation du milieu, de santé environnementale impliquant les jeunes et les femmes. Aujourd’hui, les communautés apprécient les revenus d’un tourisme écologique, respectueux de leur culture. ADETOP s’autofinance à 80 %.
qui : le projet ADETOP est né de la prise de conscience des jeunes du village de Kouma-Konda où se trouvait l’ancienne auberge, désertée par les touristes. Leur objectif était de lutter contre l’exode rural des jeunes, restaurer l’environnement et valoriser la culture locale pour relancer l’économie.
comment : l’ADETOP a d’emblée adopté une démarche participative, réunissant tous les acteurs du développement pour que chacun exprime son avis sur le blocage de la situation. S’agissant d’une région paysanne, la dégradation de l’environnement a été placée en priorité, suivi par la stagnation économique et enfin, les questions de société (santé, éducation, vieillissement de la population des campagnes). Mais le premier programme de reboisement s’est heurté à un tabou. Les paysans refusaient les plants offerts car selon la tradition, un arbre doit pousser où il veut : « Si tu plantes un arbre, le jour qu’il portera ses premiers fruits, tu mourras » répondait-on à François Kossi Satro, responsable de l’Association, « dix ans plus tard, ces mêmes paysans viennent à la pépinière pour acheter des plants et de nombreuses associations se lancent dans la restauration du couvert végétal », ajoute-t-il avec satisfaction.
résultat : avec le programme "Implication des jeunes et des femmes dans le développement écologique", l’ADETOP a pu introduire des essences à croissance rapide. Elle confie la gestion des pépinières aux groupements féminins, en apportant l’encadrement technique. Puis le projet pilote "Education Relative à l’Environnement" a été proposé avec succès. Le Club 2/3, organisme de coopération québécois, a accepté de financer le programme "Jeunes éco-citoyens en action". Des étudiants stagiaires sont venus en renfort, du Québec. Aujourd’hui le réseau compte plus de quarante clubs scolaires et associations de jeunes pour l’environnement. Chaque club travaille en liaison avec une association de quartier, resserrant ainsi les liens intergénérationnels. ADETOP peut maintenant coordonner de vastes opérations de sensibilisation contre les feux de brousse. Associée au reboisement, la limitation de ces pratiques criminelles favorise le retour de la biodiversité.
L’appui d’organismes de coopération canadiens, français et belges soutient le développement communautaire par la construction d’écoles, de bibliothèques, de latrines publiques et scolaires, le développement de systèmes d’assainissements dans les villages ou encore l’entretien des rivières. Enfin, la restauration de la nature a permis de réorganiser le tourisme sur une base écologique, durable et équitable, valorisant la culture locale. Cette activité génère même des revenus. L’ADETOP a ainsi pu éditer un livre sur les us et coutumes des Ewé de Kuma ainsi que du matériel pédagogique pour la formation des formateurs en environnement. Outre que l’Association équilibre ses comptes, ses différents programmes créent des emplois, à temps partiel ou même à plein temps.

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