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événement : 10 concerts, 150 groupes, plus de 1200 musiciens, 3 milliards de téléspectateurs et 36 millions de signatures pour un seul message : "en finir avec la pauvreté". Tel fut, en quelques chiffres, l’opération Live 8 qui parcourut en 24 h tous les fuseaux horaires, de Tokyo jusqu’au sommet du G8 réunit à Gleneagles en juillet 2005. Des chanteurs célébrissimes (Paul Mc Cartney, Elton John, Neil Young, U2 et Bono…) et la jeune génération (Kaiser Chiefs, Ms Dynamite, Coldplay, The Killers…) ont uni leurs voix pour exprimer leur soutien. Mais manquaient les voix africaines ; aussi Youssou N'Dour, qui se produisait à Londres, a organisé avec Peter Gabriel Calling Africa, un plateau de plusieurs artistes africains. Le concert, à défaut de sauver l'Afrique, a surtout servi à sensibiliser à son sort le public comme les politiciens.
histoire : le rock humanitaire commence avec George Harrison il y a plus de 30 ans. En 1971, les Beatles organisent au Madison Square Garden de New York un concert réunissant Ravi Shankar, Bob Dylan, Ringo Starr… pour alerter l’opinion sur la guerre civile au Bengladesh qui paiera de trois millions de morts le prix de son indépendance. A Noël 1984, Bob Geldorf adaptait l’idée avec l’opération Band Aid. Le single "Do they know it’s Christmas ?" au profit de l’Ethiopie fut la plus grosse vente jamais réalisée au Royaume-Uni. Surfant sur la vague, il montait en 1985 le Live Aid contre la faim en Afrique. Commencé le 14 juillet à midi à Londres, le concert se termina à 4h du matin le lendemain à Philadelphie. U2, Paul Mc Cartney, Tina Turner, Madona , Bob Dylan, Queen… illuminèrent l’affiche de part et d’autres de l’Atlantique. Avec 150 000 spectateurs et un million et demi de téléspectateurs, le programme leva plusieurs dizaines de millions de dollars. L’argent constitua un fonds de soutien aux actions des grandes ONG : le Band Aid Charitable Trust, résultats publiés sur le site. Bob Geldorf fut anobli par la reine.
objectifs de Live 8 : depuis 2004, Bob travaille auprès du premier Ministre britannique au sein de la Commission pour l’Afrique. Avec le Live 8, il ne s’agissait pas d’une action caritative au bon cœur des fans. Car le soutien financier de commanditaires, la vente des billets, celle des produits dérivés, ont dû contribuer aux frais de dizaines de millions d'euros de l'opération. La démarche s'est voulue politique, portée par les citoyens du monde, pour obliger les riches "démocraties" à tenir leurs promesses. Les engagements furent les suivants :- la dette : entre 1970 et 2002, l’Afrique a reçu 540 milliards US$ en prêts. Les pays africains en ont remboursé 550 milliards, mais avec les intérêts ils en devraient encore 293 milliards US$. Le G8 a promis d’annuler la dette de 38 pays dont 18 dans l’année.
- éducation : 100 millions d’enfants ne sont jamais allés à l’école. Le G8 s’est engagé à ce que tous soient scolarisés en 2015.
- santé : le VIH/SIDA tue chaque année des milliers de personnes en Afrique, sans compter les ravages de la malaria, de la tuberculose et de la poliomyélite. Le G8 a promis l’accès au traitement antisida pour tous en 2010 et l’amélioration du traitement contre la malaria pour
600 000 enfants d’ici 2015.
- commerce : quoique l’Afrique compte 12% de la population mondiale, sa part dans le commerce international ne dépassait pas 2% en 2002. Cette situation l’empêche de se libérer de la tutelle financière des pays riches. A Gleneagles, les chefs d’Etat s’étaient engagés à doubler les échanges commerciaux d’ici 2015.
- déceptions : le mouvement Live 8 finit-il en 2006 ? « Les 36 millions de personnes qui ont mené campagne l’an passé pour faire de la pauvreté un reliquat de l’histoire attendent toujours et tiendront les dirigeants de ce sommet responsables de l’inaction en matière de santé, d’éducation et de commerce. » annonçait Bernice Romero, directrice du plaidoyer politique d'Oxfam International à l’ouverture du G8 de St Petersbourg.
- mobilisation : parmi les quelques bonnes nouvelles, l’Allemagne a annoncé sa détermination de redonner la priorité à l’Afrique lors du prochain G8 qu’elle accueillera en 2007. De son côté, Sir Bob Geldorf participera au "Panel international pour le progrès de l’Afrique" initié par le Royaume-Uni* et présidé par Kofi Annan, directeur général de l’ONU. Ce nouveau groupe sera chargé de veiller au respect des annonces de Gleneagles et des Objectifs du Millénaire. Il accueillera des personnalités aussi diverses que M. Obasanjo, Président du Nigeria, Peter Eigen, fondateur de l’organisation anticorruption, Transparence Internationale ou Bill Gates qui y siègera en tant que financier.
* Discours de Tony Blair « A year after Gleneagles », Kings College de Londres, 26 juin 2006 www.live8live.com/latestnews/

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