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intro : l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) estime que 80 % de la population mondiale a recours à la médecine par les plantes pour certains soins de santé primaires. Les plantes sont les principaux ingrédients de tous les remèdes indigènes traditionnels et se retrouvent dans la médecine ayurvédique, homéopathique, naturopathique, orientale traditionnelle et indo-américaine.
Les plantes sont à la base des traitements médicinaux dans de nombreux pays en développement. L’usage varie considérablement d’une région à l’autre, les guérisseurs ayant appris, au cours des siècles, les vertus médicinales des plantes locales.
la perte des savoirs : face aux efforts des nations en développement pour atteindre la croissance économique, les minorités ethniques sont souvent les grandes perdantes. Ce qui risque de disparaître, ce n’est pas seulement leur identité culturelle mais aussi l’environnement naturel qui assure leurs moyens d’existence traditionnels. Avec la dégradation de cet environnement - la perte progressive de la fertilité des sols, de la biodiversité et d’un approvisionnement équilibré en eau - leur identité culturelle est en sursis. Cette tendance s'accentue au fur et à mesure que les nouvelles générations désirent accéder aux produits du marché mondial, aux emplois dans les villes, à une vie radicalement différente de celle de leurs parents, en zone rurale. Il est donc important de protéger le savoir indigène pour préserver la biodiversité culturelle.
les débuts : de 1986 à 1988, le Centre Chiang Mai (Thaïlande) a étudié la médecine traditionnelle à base de plantes des tribus Akha. Suite à cette étude, il a été demandé aux étudiants de rechercher et récupérer pour l’association des plantes médicinales originaires de leurs villages. Une pépinière fut créée à Chiang Rai, mais certaines plantes n’ont pas survécu au décalage d’altitude entre montagne et milieu urbain. Des pépinières plus petites, disséminées dans des stations de montagne, ont donc été mises en place.
Même à Chiang Rai, des étudiants et des villageois en mauvaise santé ont été encouragés à se soigner de façon traditionnelle, avant de consulter un praticien ‘moderne’. Dans certains villages, les guérisseurs traditionnels ont été formés à la médecine moderne. Dès 1989, des plantes médicinales Akha ont été collectées et classifiées, et une traduction des remèdes Akha a été entreprise. Par la suite, les groupes de Chiang Mai et de Chiang Rai ont travaillé ensemble pour mettre un point un système de soins primaires pour les villages. Ces soins allient les techniques médicales modernes aux pratiques traditionnelles. L’équipe comprenait un médecin thaïlandais et quelques jeunes Akha de l’Association Chiang Rai, ayant reçu une formation paramédicale et qui exerçaient déjà dans la montagne.
le suivi : le Groupe des anciens de Cherng-doi (village de la province de Chiang Mai) s’est inspiré de la connaissance locale des plantes médicinales pour mettre au point des remèdes contre certaines maladies bénignes. Les herbes sauvages aussi bien que des plantes cultivées ont servi à fabriquer des baumes et des médicaments. Grâce à une cotisation de 100 Baht (moins de 2,50 €) par adhérent, le Groupe des anciens de Cherng-doi a lancé la production de médicaments pour des ménages et une distribution plus large. Toute une variété d’espèces est désormais cultivée dans les jardins locaux afin de disposer d’une vaste gamme de remèdes phytothérapeutiques. résultats : à partir du moment où les personnes âgées se sont rendu compte que ce projet leur permettait de contribuer à préserver leur savoir traditionnel, leur moral s’est amélioré. Les différentes communautés se sont rapprochées, la santé mentale et physique s’est améliorée, et la consommation de médicaments a diminué. Désormais, les populations locales, y compris les jeunes, ont recours aux herbes médicinales pour soulager maux et maladies courants.
reconnaissance : l’initiative du Groupe des anciens de Cherng-doi est devenue un projet emblématique pour promouvoir les projets de santé dans les treize autres villages de la province de Chiang Mai. Le projet a reçu le Prix 2002 de l’Initiative Citoyenne, décerné par Ashoka, une organisation a but non lucratif pour la promotion de l’esprit d’entreprise sociale.

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