 |

LA CONCENTRATION DES MEDIAS

source : www.globalissues.org/HumanRights/ Media/Corporations/Owners.asp
www.globalpolicy.org/globaliz/ cultural/2003/0804media.htm
www.krysstal.com/democracy _media.html
|
 |

Doit-on se préoccuper de savoir à qui appartiennent les médias ? Est-ce grave si, petit à petit, nous assistons à un phénomène de consolidation, laquelle a conduit à la mise en place d’un petit groupe d’entreprises internationales ayant des ramifications dans le marché cinématographique, la musique, la télévision, le loisir et l’écrit ? - en 1983, 50 grosses entreprises dominaient le marché et la plus grande fusion de l’histoire s’est montée à 340 milliards de US$;
- en 1987, elles n'étaient plus que 29 ;
- en 1990, elles sont passées de 29 à 23 ;
en 1997, elles n’étaient plus que 10 et la plus grande fusion jamais réalisée impliquait 19 milliards de US$ entre Disney et ABC ;
- en 2000, la fusion de AOL Time Warner à hauteur de 350 milliards de US$ était 1000 fois plus élevée que la plus grande opération menée en 1983;
- la fusion entre Vivendi, Canal Plus et Seagram, annoncée en juin 2000, a fait de ce groupe le 2ème dans le monde en termes de capitalisation du marché (évaluée à 100000 millions de US$), juste derrière AOL-Time Warner;
- L’Observatoire européen de l’audiovisuel répertorie les seules données statistiques disponibles qui comparent les entreprises mondiales européennes et américaines. Selon une édition des statistiques sur les médias, les 50 premières entreprises européennes dans le secteur de l’audiovisuel avaient une part de marché de 32,5% alors que leurs partenaires américaines contrôlaient 42,8% en 2000. La part de marché des entreprises américaines s’est accrue de 6% depuis 1996.
- en 2003, l’industrie mondiale des médias était dominée par un peloton de tête composé de 9 entreprises géantes. Les cinq plus importantes sont Time Warner (chiffre d’affaires de1997: 24 milliards US$), Disney (22 milliards US$), Bertelsmann (15 milliards US$),Viacom (13 milliards US$) et News Corporation de Rupert Murdoch (11 milliards US$);
La concentration grandissante des entreprises est une facette de la mondialisation. La plupart des journaux, des chaînes de télévision et des stations de radio sont aux mains de quelques puissantes multinationales… - Rupert Murdoch est le plus gros propriétaire de chaînes de télévision aux Etats-Unis. Citoyen australien d’origine, il a acquis la citoyenneté américaine en accéléré dans les années 80 afin de lui permettre de détenir ses propres chaînes de TV dans le pays. En Australie, Rupert Murdoch possède 7 des 12 quotidiens nationaux et 7 sur la dizaine d’hebdomadaires du dimanche. Dans la seule ville d’Adelaïde, Murdoch est propriétaire de toute la presseécrite;
- en 1998, Rupert Murdoch détenait 34% de tous les quotidiens britanniques et de la presse dominicale au Royaume-Uni. Dans le but de mettre au chômage ses rivaux, il ne s’est pas privé de baisser les prix de ses propres publications en allant puiser dans les vastes ressources de ses entreprises ;
- un homme, du nom de John Malone, possède à lui le 1/4 des stations de télévision câblée dans le monde. Sa chaîne, Discovery Channel, lance des émissions après avoir reçu le 'feu vert du marché'et évite soigneusement les sujets controversés. L'expression 'nivellement par le bas' est entrée dans le vocabulaire à fur et à mesure que la télévision s’est concentrée sur les faits divers et les récits ‘people’ plutôt que sur les affaires sérieuses.
Est-ce vraiment un problème si, au niveau international ou au niveau national, une poignée d’entreprises ont un rôle dominant ? - l’Europe a souvent (mais pas toujours) des législations plus pluralistes que celles du monde anglo-saxon. En raison d’un marché très fragmenté – différences linguistiques, marchés plus limités en taille, diversité de traditions sociopolitiques et présence d’acteurs locaux –, les médias européens ne sont pas concentrés au niveau international. La majorité des sous-secteurs de l'information se situe au niveau national ;
- les secteurs où la concentration est la plus forte sont ceux des quotidiens, des chaînes câblées et de la télévision par satellite. Tout comme aux Etats-Unis, cette concentration accrue des médias au sein de l’Europe est perçue comme une menace au pluralisme des médias, à la diversité et à la qualité du travail journalistique;
- en France, il existe des lois qui interdisent qu’une seule organisation contrôle des journaux ayant plus de 30% de lecteurs, régionaux et nationaux confondus. En outre, toutes les publications disposent d’un droit à la distribution. En Allemagne, des actionnaires minoritaires peuvent apposer leur veto à des décisions éditoriales. En Suède, les petits journaux indépendants bénéficient d’un soutien et de financementspublics;
- Bertelsmann est la plus vaste multinationale européenne. Avec 24 chaînes de TV et 14 stations de radio dans 10 pays, c’est le plus grand groupe de radio-télé. L’entreprise, basée en Allemagne, détient aussi des parts dans des sociétés de production, des nouveaux médias, des périodiques, des maisons d’édition, des distributeurs de musique et des services relatifs aux médias. Vivendi Universal avait tenté de se positionner en tant que numéro 2, mais a perdu de son influence après avoir fusionné ses activités de divertissement avec la filiale NBC de General Electric;
- la marchandisation de la diffusion télévisuelle en Europe de l’Ouest a déjà suscité quelques inquiétudes – et des débats – sur la question de la concentration. En Italie, où c’est presque un cas d’école, Silvio Berlusconi a acquis durant les années 80 un monopole virtuel de tout le secteur des chaînes de TV commerciales de la péninsule. Pendant les élections de 1994, qui lui ont permis d’accéder au poste de Premier Ministre, il a déployé le pouvoir de la machine médiatique pour l’emporter;
- à travers l’Europe, des alliances stratégiques se sont constituées entre les géants des médias qui veulent tirer profit du nouveau marché audio-visuel libéralisé. Ainsi, l’entreprise Fininvest de Berlusconi, soutenue par le groupe Kirch-Springer en Allemagne, a pris des parts dans l’audiovisuel privé français et espagnol. L’opérateur public de télécommunications Deutsche Telekom a pris des parts dans l’entreprise luxembourgeoise à succès Astra. La Compagnie Luxembourgeoise de Télévision (CLT) a acquis des parts dans les opérations commerciales audiovisuelles en Allemagne, en France et au Benelux. (1)
(1) Peter Humphreys, « The Changing Nature of the Broadcast Media in Europe: Some Key Policy Issues » (La nature changeante des médias en Europe : quelques éléments clefs), Université de Manchester, 1995.
|