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Aurore est une ONG de jeunes créée en 1988 dans le village lacustre de Sô Tchanhoué au sud du Bénin. Le village borde le lac Nokoué, vaste étendue d’eau saumâtre de 160 km2 en saison sèche qui triple sa surface en période de crue. Séparée de l’océan Atlantique par un large cordon littoral, il retient les eaux douces de la rivière Sô et communique avec la mer par le chenal de Cotonou, port et capitale du Bénin. Cette région de mangrove à salinité variable, poissonneuse et appréciée des touristes, est appelée Toffin. Depuis Sô-Tchanoué, l’association rayonne sur quelque 42 villages lacustres peuplés de 80 000 pêcheurs Toffinou.
contexte : selon la tradition orale, les Toffinou sont originaires de l’ancienne ville royale de Tado en territoire togolais. Ils ont trouvé refuge sur le lac, fuyant la grande guerre Adja qui ravagea leur royaume au milieu du 17e siècle. La plupart des villages sont construits sur pilotis, les pieds dans l’eau ou dans les marais régulièrement inondés à la mousson. Les hommes pratiquent toutes sortes de techniques de pêche. Les femmes, souvent groupées en coopérative, viennent chercher le poisson sur le lieu de pêche pour le vendre en marché flottant dans les villages ou à Cotonou par le chenal. La vie du lac glisse au rythme des pirogues, de taille et de construction différente selon leur destination, l’organisation et les moyens de leurs propriétaires. Les habitants qui n’en possèdent pas se déplacent en taxis pirogues. L’absence d’assainissement, le manque d’hygiène et l’analphabétisme sont les principaux obstacles au développement.
mission : Aurore s’est donné pour mission d’améliorer les conditions de vie de la population lacustre en général, à commencer par celle de son propre village. Son objectif est de promouvoir le développement économique, social, environnemental, sanitaire et culturel par la pédagogie. Elle donne la priorité aux écoliers, aux étudiants et aux enfants déscolarisés, en particulier les filles, mais assiste également les groupes de pêcheurs et de mareyeuses, les femmes et les hommes analphabètes. Elle joue un rôle de modérateur dans les conflits entre communautés locales.
comment : l’association organise des cours de vacances pour les cycles primaire et secondaire et apporte un soutien scolaire tout au long de l’année. En liaison avec les élus locaux et les enseignants, Aurore mène une politique active d’alphabétisation, d’instruction civique, d’éducation à l’hygiène et à la santé, à l’environnement, au développement communautaire des biens d’équipement dans le respect de la culture locale. Le bulletin bimestriel Sô info relaye les nouvelles sur tous ces thèmes. L’ONG lève également des fonds auprès de partenaires occidentaux pour améliorer les infrastructures. Elle crée des modules de classe, mais aussi des latrines publiques, condition de l’assainissement de l’eau et de la santé des habitants.
réalisation : dans les années 1990, avec l’aide des services de la coopération française, Aurore a doté son village d’un Centre de développement culturel et social abritant la Bibliothèque centrale du lac Nokoué. Cet ensemble est la base de ses activités. Le succès dépassant les espérances, des agrandissements ont été effectués en 2001. La bibliothèque propose 1100 ouvrages, romans africains, littérature française, théâtre, contes, nouvelles, poésie, bandes dessinées, documentaires, livres pédagogiques et scolaires, guides pratiques, périodiques. Elle compte près de 500 abonnés et accueille 900 visiteurs par an. Une Biblio-pirogue dessert les villages du lac Nokoué et de la rivière Sô. Armé de sa valise de brousse, le bibliothécaire assure lui-même l’animation autour du livre en accord avec les directeurs d’écoles. Promesse d’aventures palpitantes avec sa coque dédiée à la divinité du lac, la Mamy Wata (pirogue de la sirène) est guettée par tous les enfants. Dans les écoles lacustres, les résultats aux examens se sont améliorés comme par enchantement…

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