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PLEINS FEUX SUR

AVADESHKAUSHAL:
ENSEIGNERSUR LES HAUTEURS DE L’HIMALAYA


source :
www.learningchannel.org

www.oneworld.ca

site Internet : www.rlek.org

Avasesh Kaushal
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nom : Avadesh Kaushal
organisation : Rural Litigation and Entitlement Kendra (RLEK)
pays : India
secteur d'actvité : programme d’alphabétisation pour des tribus nomades

YXC a fait ici une interview fiction avec Avadesh Kaushal, fondateur et président du Rural Litigation and Entitlement Kendra (RLEK). Cette ONG indienne vise, entre autres, à promouvoir la cause de l’ethnie Gujjar, une tribu nomade qui vit dans la forêt du nord de l’Himalaya. Les projets de RLEK portent sur l’alphabétisation, l’hygiène, les soins vétérinaires et la gestion forestière au niveau communautaire.


Avadesh Kaushal a enseigné pendant sept ans à l’Académie Nationale de Lal Bahadur Shastri de Mussoorie. A la même époque, il travaillait aussi sur diverses questions sociales et écologiques de la région. En 1992, il a démissionné afin de mobiliser toutes ses énergies pour la défense des communautés montagnardes marginalisées et déshéritées. Sa devise résume bien sa démarche dans la vie : "Atteindre les inatteignables et inclure les exclus… ". Entre octobre 1993 et décembre 1995, dans le cadre du programme de la Mission nationale d’alphabétisation (National Literacy Mission - NLM) du Gouvernement indien, l’association RLEK a permis à 21 000 adultes de s’alphabétiser. En 1998, le RLEK s’est vu décerner le prix UNESCO-NLM pour l’alphabétisation en reconnaissance de sa contribution à l’éducation des adultes. Qui plus est, l’association de Kaushal s’est vu confier, par le gouvernement de Delhi, la gestion du State Resource Centre for Adult Education (Centre national de ressources pour l’éducation des adultes), une mission qui couvre les régions du Garhwal et du Kumaon. Ce centre offrira des formations à des organismes gouvernementaux et non gouvernementaux, et leur fournira des conseils pour l’élaboration d’outils pédagogiques et pour le suivi et l’évaluation de leurs activités. YXC a imaginé les questions que l’on pourrait poser à Avadesh Kaushal sur les clefs de sa belle réussite...


Pourquoi avez-vous décidé d’adresser votre programme d’alphabétisation aux Van Gujjars en particulier ?
Contrairement aux autres tribus semi-nomades de l’Himalaya, qui pratiquent l’agriculture à mi-temps à partir de villages qui leur servent de base, les Gujjars sont totalement nomades. Ils mènent une existence isolée et passent les mois d’hiver dans les forêts de Shivalik sur les contreforts de l’Himalaya. Ce territoire leur sert à la fois d’habitat et de pâturages pour leurs troupeaux de buffles, leur principal moyen d’existence. Le reste de l’année, ils habitent les hautes vallées de la montagne. Vivant à l’écart de la civilisation pendant six mois de l’année, la tribu a ainsi été privée des bénéfices des programmes d’enseignement dispensés par l’Etat.

…alors, afin d’atteindre cette population isolée, vous avez créé un programme novateur d’alphabétisation…
Oui…convaincus que les Gujjars ne fréquenteraient jamais l’école traditionnelle, nous avons décidé d’amener l’école jusqu’à eux.


Mais diffuser l’alphabétisation dans une communauté pastorale de nomades n’est pas une tâche facile, ne serait-ce qu’en raison de la logistique requise. Comment avez-vous résolu ces problèmes ?
Pour surmonter cet obstacle majeur, nous avons conçu un programme d’alphabétisation original. Une ‘académie de la forêt’ a été mise sur pied. Un groupe de 350 professeurs bénévoles vivait et voyageait à leurs côtés afin d’assurer le programme scolaire tout au long de l’année. Les cours se tenaient sous les arbres et près de leurs deras (habitation gujjar). Les Van Gujjars ont fini par considérer leurs enseignants (de jeunes couples pour la plupart) comme des membres de la famille, et le programme a rapidement fait de grands bonds en avant. Pour compléter le tout, il existe une bibliothèque itinérante qui fait le tour des implantations gujjars ; elle permet d’approvisionner en livres les nouveaux alphabétisés et de les aider à affiner leurs compétences.


L’éducation moderne est perçue parfois comme le contraire du savoir traditionnel. Comment avez-vous réussi à convaincre les Van Gujjars que l’éducation moderne ne va pas perturber l’éthos socioculturel ? Comment avez-vous fait pour les persuader de l’importance de l’alphabétisation pour les enfants ?
La mission a commencé par un programme d’alphabétisation pour adultes, contrairement à ce que font la plupart des programmes de par le monde : normalement, ce sont les initiatives à l’égard des enfants qui sont prioritaires. A notre avis, la pérennité d’un programme d’enseignement à destination des enfants est mieux assurée si les adultes prennent pleinement conscience de l’importance de ces programmes et y apportent leur soutien. Grâce à notre programme pour adultes, les Van Gujjar ont compris le rôle clé et la portée de l’enseignement dans leur mode de vie pastoral. D’ailleurs, les supports et livres pédagogiques reflètent bien leur vie quotidienne. A travers les récits comme ceux du buffle agonisant, de la dispute entre deux amis, etc., les élèves arrivent facilement à se repérer. Les livres intègrent les savoirs locaux concernant l’élevage, la forêt, la production laitière, la biodiversité. Dans deux des écoles que nous avons ouvertes, l’architecture ressemble aux deras et les enfants portent, en guise d’uniforme, les habits traditionnels. Ici, les enfants étudient les mathématiques, l’anglais et l’Hindi. L’idée préconçue selon laquelle l’enseignement allait bouleverser leurs habitudes et leurs traditions a totalement disparu.

Quel est l’objectif de cette initiative ? L’idée directrice de cette initiative ambitieuse est d’améliorer les compétences en écriture des Van Gujjars et de les aider à mieux comprendre les enjeux tels que la santé, l’hygiène, les ressources naturelles, la gestion environnementale, les soins vétérinaires et les droits du citoyen tels qu’ils figurent dans la Constitution indienne. C’est pourquoi, après avoir achevé les campagnes d’alphabétisation générale (Total Literacy) et de post-alphabétisation, notre organisation mène actuellement un programme de ‘responsabilisation communautaire’ (Community Empowerment), avec 43 centres dont 5 principaux…

Avez-vous l’impression que l’objectif a été atteint ? Je pense que nous avons déjà atteint de bons résultats. Dans le passé, les Gujjars étaient souvent dupés par des gardes forestiers ou des créditeurs. Aujourd’hui, ils savent compter, faire des additions et des soustractions. Ils savent ce qu’un marchand doit débourser pour acheter leur lait ou leur rendre en monnaie. Ils peuvent aussi négocier les taux. L’alphabétisation a sensibilisé ces tribus à leurs droits, ce qui leur donne des armes pour se défendre contre la corruption de la bureaucratie des services forestiers. Ils peuvent désormais, en toute indépendance, remplir les formulaires, les adresser aux autorités régionales et remplir les bulletins de vote lors des élections. Leur horizon s’est élargi. Certains vont jusqu’à participer à des séminaires au Brésil, en Suède et au Danemark. Mieux encore - et grâce au succès de l’initiative et à la reconnaissance internationale de notre travail - nous avons démontré qu’il n’est pas nécessaire de sédentariser des populations nomades pour leur apporter les bénéfices de l’alphabétisation et de l’enseignement.

Quels sont vos projets d’avenir ? Aujourd’hui, nous travaillons dans le domaine de l’enseignement, car tant de communautés isolées dans l’état d’Uttaranchal* n’ont pas d’école. Vu l’isolement géographique, les enfants font 12 kilomètres de marche sur des routes pénibles pour la rejoindre. Tant de parents ne scolarisent pas leurs enfants et le taux d’échec scolaire est élevé. Nous mettons l’école à leur portée en l’amenant chez eux. C’est une tâche colossale qui demande beaucoup de temps et d’énergie. Alors, laissez-moi d’abord achever celle-ci. Après, je serai prêt à me lancer dans d’autres entreprises !

*Région de l’Inde du Nord

contacts

Rural Litigation and Entitlement Kendra
68/1 Suryalok Colony
Rajpur Road
Dehra Dun 248 001
Uttaranchal (India)
ph +91 (0) 135-2746071, 2745539
fax +91 (0) 135- 2741931, 2746881
rlek@sancharnet.in
 
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