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UNE CONSOMMATION INEGALE

source : www.unicef.org.uk/press/ news_detail.asp?news_id=406
WWF, ‘Living Planet Report’, 2004, www.panda.org/downloads/ general/lpr2004.pdf
www.grid.unep.ch/product/ publication/ freshwater_europe/ consumption.php
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Chaque année, 80 millions d’humains de plus ont besoin d’eau douce. Au cours du siècle dernier, les prélèvements d’eau de par le monde ont été décuplés… - depuis 1990, l’approvisionnement en eau potable a connu une montée en flèche sur le plan mondial, passant de 77% à 83% - soit un milliard d’individus supplémentaire. Mais beaucoup reste à faire. Il existe toujours 1,1 milliard d’êtres humains qui utilisent des sources d’eau insalubres (puits, rivières, étangs et vendeurs d’eau). Et, puisque la demande s’amplifie, ce sont les plus pauvres qui seront les moins approvisionnés ;
- si l’on prend les chiffres de 2001, chaque être humain utilisait en moyenne environ 650 m3 par personne par an, soit 1 900 m3 en Amérique du Nord contre 250 m3 en Afrique.
- les pays à hauts revenus consomment en moyenne – avec 1.000 m3/personne, deux fois plus que les pays à revenus moyens ou faibles. Un enfant né dans un pays industrialisé va consommer 30 à 50 fois plus de ressources en eau que son congénère né dans un pays en développement ;
- si l’on prend le cas d’un Canadien typique, il va utiliser 6 fois plus d’eau par jour (326 litres) qu’un Indien (53 litres) et plus de 30 fois ce dont dispose un villageois du Kenya (10 litres). Des inégalités criantes existent au sein d’un même pays, surtout entre la ville et la campagne. En Indonésie, par exemple, l’accès à l’eau potable atteint 89% dans les zones urbaines et, avant la catastrophe du tsunami, 69% tout au plus dans les zones rurales ;
- une part importante de la demande en eau est destinée à la consommation humaine et à des fins domestiques. La répartition et la densité de la population jouent un rôle clé dans l’accessibilité aux ressources en eau. Avec l’urbanisation croissante, on assiste à une concentration de la demande qui entraîne parfois la surexploitation des ressources locales. En Europe, par exemple, la proportion d'eau utilisée par la ville passe de 6,5% en Allemagne à plus de 50% au Royaume-Uni.
- les schémas de la demande se modifient en raison de l’élévation du niveau de vie. Ceci implique un usage plus important de l’eau pour des raisons d’hygiène personnelle. La majorité des Européens disposent de toilettes individuelles, de douches ou de baignoires pour leur usage quotidien. C’est pourquoi la consommation de l’eau en ville est principalement destinée à un usage domestique : 33% pour les WC, 20 à 32% pour le bain ou la douche, 15% pour les machines à laver (linge ou vaisselle) et seulement 3% pour la cuisine et la boisson– un pourcentage infime par rapport au reste ;
- selon les données fournies en mai 2004 par le Bureau australien des Statistiques, les ménages et les entreprises du pays consommaient dans la période 2000-2001 l’équivalent du volume en eau du port de Sydney, soit 24 909 Gl (gigalitres). En moyenne, chaque Australien consomme un total de 115 kilolitres (kl) et ce chiffre se monte à 280 kl pour chaque ménage. Pour la majorité d’entre eux, 44% étaient destinés à des usages extérieurs tel que le jardin et la piscine (1) ;
La surconsommation d’eau : les Etats-Unis, le Canada et les Emirats Arabes Unis en tête du classement… - les Etats-Unis sont le plus gros consommateur d’eau du monde par habitant. Selon la U.S. Geological Survey, chaque citoyen ‘a besoin’ d’environ 378 litres (100 gallons) par jour simplement pour boire, se baigner, tirer la chasse d’eau, laver la vaisselle, cuisiner…
- la quantité d’eau consommée par personne au Canada est de 1 600 m3, soit 65% de plus que celle des pays de l’Organisation de Coopération et de Développement Economique (OCDE). Si l’on se réfère aux 29 membres de l’OCDE, seuls les Etats-Unis consomment davantage ;
- les Emirats Arabes Unis (EAU) se situent en troisième position en termes de consommation d’eau par habitant, juste derrière les Etats-Unis et le Canada. La consommation dans les pays du Conseil de Coopération du Golfe (CCG) – Arabie saoudite, Bahreïn, les EAU, Koweït, Oman et Qatar – est passée de 1,9 milliard de m3 en 1958 à 3,9 milliards en quarante ans. Le volume d’eau potable consommée devrait atteindre 8,8 milliards d’ici 2010. Pour faire face à la demande, les gouvernements de la région envisagent la désalinisation de l’eau de mer. Les Etats membres du CCG ont dépensé collectivement plus de 40 milliards US$ pour construire environ 550 stations de désalinisation au cours des 25 dernières années. Cela concerne 393 installations en Arabie saoudite, 98 dans les EAU et 34 au Koweït – qui fournissent près de 85% de l’eau potable dans la région (2).
…et les économies émergentes sont en train de suivre l’exemple : - en Chine, la consommation quotidienne d’eau potable par citadin a atteint en moyenne 219 litres fin 2002. A Pékin, la consommation est 4 fois plus grande que la moyenne mondiale et 80 fois plus élevée que la moyenne au Japon. Même dans les villes plus fermées de la région nord-est du pays, là où les pénuries d’eau sont plus sérieuses, la moyenne par habitant est le double de ce qu’elle est en Europe (3) ;
- l’utilisation de l’eau par l'industrie est aussi 10 voire 20 fois plus importante que dans les pays en développement. En Chine, il faut compter 103 m3 pour produire l’équivalent industriel de 10 000 yuan (1 208 US$). Pour un résultat équivalent, les Etats-Unis utilisent 8 m3 et le Japon 6 m3 (3) ;
(1) Australian Bureau of Statistics, 19 mai 2005. [ www.abs.gov.au/Ausstats/abs@.nsf/0/cc9d340e1feef80 bca256e9900810f09?OpenDocument]
(2) Meena S Janardhan, “Water Conservation Reaches the Mosque”, IPS Asia-Pacific's Asia Water Wire, 27 Mai 2005.[ www.waterobservatory.org/headlines.cfm?refID=72966]
(3) Wei Qing, “Hundreds of Cities in China Face Water Shortages”, Epoch Times, 22 juin 2005. [ www.waterconserve.info/articles/reader.asp?linkid=43308]
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