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LES REVOLUTIONS BIOTECHNOLOGIQUES POTENTIELLES

source : www.ornl.gov/sci/techresources/ Human_Genome/home.shtml
www.mod.uk/linked_files/jdcc/ st/4_ScienceTechnology.pdf
www.guardian.co.uk/Archive/ Article/0,4273,4090934,00.html
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Les biotechnologies, c’est-à-dire la compréhension des organismes vivants va certainement connaître des avancées révolutionnaires dans les 20 prochaines années. Mais le débat éthique sera la pierre angulaire de la réglementation et des applications de ces techniques… - cette ‘révolution potentielle’ sera impulsée par l’étude sur la génomique (1) et par les techniques du génie génétique. Ce savoir sera utilisé pour modifier les processus biologiques. En matière de génomique, la compréhension des fonctions des gènes (les mécanismes de contrôle biologiques fondamentaux) va progresser rapidement, tout comme notre capacité à maîtriser les procédés biologiques de contrôle par la manipulation au niveau des gènes ;
- cette évolution bénéficie d’investissements importants, à la fois publics et privés. Selon des données recueillies par le Programme Stanford-in-Washington (4), les institutions gouvernementales et fondations ont investi à travers le monde dans la génomique près d’1 milliard US$ en 2000, à quoi il faut ajouter 1,81 milliard US$ de recherches engagés par le privé. Concentrées en Europe et aux Etats-Unis, ces recherches donnaient la priorité à de nouveaux médicaments plus faciles à fabriquer. Mais d’autres secteurs moteurs comprennent l’agriculture, et la quête des industriels à trouver de nouveaux composés pour soutenir l’alimentation et les produits chimiques ;
- le Projet du génome humain (HGP) a été lancé en 1990 et s’est achevé en 2003. Il a été créé pour identifier tous les 20 à 25 000 gènes de l’ADN, déterminer les séquences de 3 milliards de paires de bases chimiques qui constituent l’ADN de l’être humain ; stocker ces informations dans des bases de données ; améliorer les outils pour les analyser ; transférer les technologies pertinentes au secteur privé et aborder les enjeux éthiques, légaux et sociaux qui pourraient être soulevés par le projet (2) ;
- le Projet HGP aurait coûté, paraît-il, 3 milliards US$. Mais ce chiffre renvoie à tous les fonds projetés sur une période de 13 ans (de 1990 à 2003) pour toute une gamme d’activités scientifiques reliées au génome. En font partie les études sur les maladies de l’homme, les organismes utilisées à des fins expérimentales (bactéries, levures, vers, mouches, souris) ; le développement de nouvelles technologies pour la recherche biologique et médicale ; les méthodes d’analyse des génomes, ainsi que des questions légales, éthiques et sociales sous-jacentes ;
- le séquençage du génome humain ne représente qu’une petite fraction du budget total sur 13 ans. Les programmes sur le génome du Département de l’Energie (DOE) et de l’Institut National de la santé (NIH) (3) consacrent respectivement 3% et 5% de leurs budgets annuels aux enjeux éthiques, légaux et sociaux du projet ;
- selon les promoteurs du HGP, il fallait absolument, dès le départ, développer ou améliorer les outils automatisés et les technologies de séquençage à haut débit. Le coût de séquençage d’une seule paire de base d’ADN était de 10 US$ environ à l’époque ; ils ont été divisés par 100 et continueront encore de baisser d’ici 2010 ;
- bien que le projet ‘HGP’ soit achevé, l’analyse des données va se poursuivre pendant bien des années encore. En accordant des licences technologiques aux entreprises privées et en allouant des subventions à la recherche en innovation – comme disent le faire le DOE et le NIH – le projet a réussi à catalyser l’industrie multimillionnaire (en dollars) de la biotechnologie américaine et à renforcer le développement de nouvelles applications médicales ;
- tout comme pour les méga projets scientifiques, tels que la station orbitale ou encore le projet d’accélérateur américain SSC (Superconducting supercollider), la critique majeure faite au projet est que les coûts élevés ne sont pas justifiés. Pour certains, cette façon de privilégier la science - avec un grand S - prive d’autres chercheurs de ressources dont ils auraient besoin et qui seraient autrement plus efficaces. A l’inverse, d’autres font valoir que la coordination du projet PGH est la façon la plus efficace de mener des recherches car cela réduit les redondances ;
- certains critiques du HGP soutiennent que les mécanismes de régulation des conséquences sociales et politiques sont insuffisants. Par exemple, que feront les compagnies d’assurance ou les employés avec des données en provenance du décodage génétique ? Quelles conséquences sur la couverture sociale ? Sur l’emploi ? Quelles seront les thérapies ? A quels avantages s’attendront les citoyens ?
- certes, l’aspect le plus politiquement explosif du projet est la question de la propriété des savoirs et des brevets. A qui seront attribuées les récompenses ? Aux individus ? A la communauté dans son ensemble ou aux gouvernements ? Qui détient réellement le savoir ? Qui est propriétaire des gènes ? Les quatre premiers brevets qu’a déposés le NIH en 1991 ont été rejetés. Selon une estimation récente, près de 127 000 demandes de brevets ont été déposées (5) ;
- le débat éthique sera le clef pour bien réglementer et mettre en pratique ces techniques ; les avancées vont dépendre des préoccupations sécuritaires liées à la manipulation des processus biologiques et surtout à celle des générations futures. En raison des financements à caractère privé, ces bénéfices risquent d’être accessibles en priorité au monde développé, aux riches plus qu’aux pauvres du Nord comme du Sud. L’inégalité dans l’accès est perçue de plus en plus comme une inégalité du 'droit à la bonne santé'.
(1) La génomique est l’étude de l’information des séquences génétiques chez les organismes vivants
(2) Au moins 18 pays ont mis au point des programmes de recherche. Parmi les plus grands, l’Allemagne, l’Australie, le Brésil, le Canada, la Chine, la Corée (du Sud), le Danemark, les Etats-Unis, la France, Israël, l’Italie, le Japon, le Mexique, les Pays-Bas, le Royaume-Uni, la Russie, la Suède et l’ l’Union Européenne. Quelques pays en développement participent à des études de techniques de biologie moléculaire pour la recherche sur le génome et à études d'organismes intéressants pour leur région.
(3) Le Projet du Génome Humain (HGP) sur 13 ans a été coordonné par le Département américain de l’Energie (DOE) et l’Institut National de Santé (NIH). Dès les premières années, le Wellcome Trust (GB) est devenu un partenaire majeur ; d’autres contributions sont venues s’y ajouter dont celles du Japon, de la France, de l’Allemagne, de la Chine et de quelques autres.
(4) World Survey of Funding for Genomics Research, septembre 2000, www.standford.edu
(5) Commanditées par le Guardian, ces recherches sur les brevets ont été réunies par GeneWatch UK à partir des données de Derwent GENESEQ. Ces données comprennent toutes les séquences ADN qui ont été enregistrées à partir de 40 organismes de brevets à travers le monde, dont les bureaux américains, européens, internationaux, japonais et allemand.
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