 |

BIOTECHNOLOGIES ET SEMENCES GENETIQUEMENT MODIFIEES

source : www.isaaa.org/kc/ bin/ESummary/index.htm
www.bio.davidson.edu/people/ kabernd/seminar/2004/ GMevents/HN/HN%20Page%203.html
www.i-sis.org.uk/ biotechfever.php?printing=yes
|
 |

Les semences génétiquement modifiées sont des sujets controversés et les débats font rage pour savoir si cela va vraiment servir à nourrir les populations du tiers monde…- Le marché des semences génétiquement modifiées (GM) a connu une expansion fulgurante à la fois en quantité et en superficie. Selon la International Seed Federation (Fédération internationale des semences), on estime que ce marché a atteint 6 milliards US$ en 2005 ;
- selon l'ISAAA, une ONG qui fournit de l’information sur l’agriculture biotechnologique, en 2006, deuxième année de la deuxième décennie de commercialisation des cultures génétiquement modifiées (2006-2015), le taux de croissance de la superficie mondiale consacrée aux cultures génétiquement modifiées atteint 13% soit 102 millions d’hectares (252 millions acres). C'est une date historique car c'est la première fois que plus de 100 millions ha seront cultivés en GM sur une année ;
- en 2004, 14 pays (contre 10 en 2003) dominaient le marché en consacrant à ces cultures plus de 50 000 hectares : par ordre décroissant d’hectares, ce sont les Etats-Unis, l’Argentine, le Canada, le Brésil, la Chine, le Paraguay, l’Inde, l’Afrique du Sud, l’Uruguay, l’Australie, la Roumanie, le Mexique, l’Espagne et les Philippines ;
- l’industrie étasunienne a commencé à vendre des semences OGM dès 1996 et les superficies plantées sont désormais 30 fois plus vastes depuis lors. Le Département de l’agriculture a fait savoir que 32% du blé, 74% du soja et 71% du coton proviennent de cultures GM, en 2005 ;
- tandis que ce sont les Etats-Unis qui dominent aujourd’hui le marché mondial des biotechnologies, d’autres concurrents internationaux investissent massivement pour jouer dans la cour des grands. L’Europe est le numéro 2 avec 20% du marché, suivi par le Canada et la zone Asie-Pacifique ;
- le continent asiatique se jette aussi résolument dans la course. De nombreux experts prédisent que le continent va connaître sa plus grande croissance dans les 10 prochaines années en raison à la fois de l’existence de marchés largement inexploités et d’investissements gouvernementaux conséquents ;
- la Chine, par exemple, selon un article de la revue ‘Science’, est en train de développer, avec des fonds publics, la plus grande capacité en biotechnologie OGM hors d’Amérique. Les investissements ont été multipliés par 8 entre 1986 et 1999. Le budget total serait de 112 millions US$. Si Les dépenses chinoises représentent plus de la moitié des dépenses pour la biotechnologie OGM du monde en développement, ceci représente moins de 5% des dépenses annuelles dans les pays industrialisés (avoisinant 2 à 3 milliards dont 45% de fonds publics ;
- la Malaisie, elle aussi, voit dans les biotechnologies l’une des cinq technologies dominantes qui vont faire d’elle une nation hautement industrialisée d’ici 2020 ; c’est pourquoi elle investit 4 milliards de RM (soit 1,45 milliard US$) dans une 'zone d'activités' des biotechnologies (2) ;
- les entreprises de biotechnologie et le gouvernement des Etats-Unis font le forcing pour que la production des OGM grossisse ; ils font valoir que cette technologie a le potentiel d’accroître la résistance à l’égard des maladies, des animaux nuisibles et des conditions environnementales, entraînant ainsi une hausse des rendements et de la productivité. Mais avant que les OGM soient la recette pour régler les pénuries alimentaires dans le tiers monde, il reste encore du chemin à faire ;
- des ONG comme Oxfam ne sont pas convaincues que les bienfaits de cette technologie dépassent les risques, surtout si l’on songe aux facteurs socio-économiques. D’après eux, développer les variétés de cultures de base qui seraient résistantes à la sécheresse et aux animaux nuisibles ne mobilise pas la recherche du secteur privé ;
- le pouvoir et l’influence que détiennent les multinationales de l’agriculture biotechnologique ne sont pas sans susciter des craintes grandissantes. Sur les quatre plus grands groupes, Monsanto détient à peu près 80% du marché – avec différentes variétés tolérantes aux herbicides et celles qui produisent leur propre insecticide. Derrière Monsanto, il y a Dupont, Aventis et Syngenta.
- selon l’entreprise Monsanto, il faut près de 10 ans et 300 millions US$ pour développer un produit commercialisable ; ainsi, la replantation de semences par les paysans empêche les entreprises d’être dédommagées pour leurs gros investissements. Ils avancent que la mise en place des brevets et des législations qui interdisent de replanter des semences cultivées est inefficace pour contrôler ;
- le recours aux ‘semences Terminator’ dans l’agriculture a ses défenseurs et ses détracteurs. Les entreprises agricoles perçoivent ce ‘système de protection technologique’ comme un moyen de sauvegarder leurs intérêts. Les opposants à ces semences craignent que ceci porte atteinte à la sécurité alimentaire et cause des problèmes environnementaux ;
- finalement et ce n’est pas anodin, la biotechnologie constitue un secteur à risques, si l’on en croit une nouvelle étude menée aux Etats-Unis. En se penchant sur la croissance et le déclin des centres ‘biotech’ dans 51 zones métropolitaines du pays, il en ressort que l’industrie est très instable (la moitié de celles qui ont vu le jour dans les années 1970 ont abandonné ou ont fusionné avec d’autres). Typiquement, une entreprise ‘biotech’ dépensait environ 8,4 millions US$ en recherche & développement et ses revenus atteignaient 2,5 millions US$ en 1998.
(1) "Biopolis or Bio-Bubble? Asia’s Choice" Ian Ferguson, Business on Line Special Report May 2002, 20-25 www.bolweb.com and Huang J, Rozelle S, Pray C and Wang Q. Plant biotechnology in China. Science 2002, 295, 674-7. (2) "Biotechnology in Malaysia" Briefing paper, Ministry of Science, Technology and the Environment, Malaysia.
|