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TUVALU, ARCHIPEL EXEMPLAIRE

site Internet : www.alofatuvalu.tv
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contexte : les changements climatiques pourraient jeter sur les routes 50 millions de réfugiés climatiques d’ici 2010, selon l’Institut pour la sécurité environnementale et humaine (ISEH, Université des Nations Unies, 2005). Touchées par la montée des océans, les canicules et les inondations répétées, des régions entières deviendront invivables, à commencer par les zones côtières et les îles. En Alaska, 213 communautés sont menacées par l’élévation des marées. Dans le Pacifique, l’archipel de Tuvalu risque quant à lui d’être totalement englouti à brève échéance : plus de 11 000 personnes sont aujourd’hui concernées. menace : Tuvalu est une des plus petites nations du monde. Sa situation géographique, au beau milieu du Pacifique, semble paradisiaque : une carte postale de 26 km2 où figurent 9 atolls culminant à 1,50 m en moyenne au-dessus du niveau de la mer. Avec la montée de l’océan, Tuvalu, lessivé par les marées et sapé par les infiltrations salées, subit aussi l’accélération des phénomènes El Nino qui dopent la montée des eaux et multiplient la fréquence des cyclones. A cause des sols entièrement salinisés : la culture du taro, tubercule inféodé aux marécages d’eau douce, a dû être abandonnée... Le paradis des Tuvaluens tourne à l’enfer. Autorisés à rejoindre la Nouvelle-Zélande à raison de 35 personnes par an, il faudrait compter 350 ans pour évacuer toute la population. Un temps dont les Tuvaluens ne disposent pas. projet : premières victimes de l’effet de serre, les Tuvaluens y contribuent malgré eux à leur petite échelle : de l’électricité au transport maritime des personnes et marchandises, le pays vit au rythme des navettes de gasoil importé de Fidji, à trois jours de mer. Les équipements fournis par les aides extérieures (trois nouveaux générateurs à fuel offerts par le Japon en 2006, des 4 x 4 d'occasion, bâtiments clé en main édifiés, par Taiwan, sans aucune considération d’efficacité énergétique) alourdissent plus encore les émissions de gaz à effet de serre du pays. Avec 10 nations de la communauté du Pacifique, Tuvalu s’est engagé dans le projet PIGGAREP (Pacific Islands Greenhouse Gas Abatement through Renewable Energy Project) dont l'objectif est de diminuer de 30 % les émissions cumulées par ces pays à l'horizon 2015, par la mise en place d’énergies renouvelables. Par ailleurs, parce que le temps presse, Tuvalu s'est engagé fin 2004 dans le plan de l'association Alofa Tuvalu, Small is beautiful. L'objectif de ce plan décennal est d’aider la micro-nation de Tuvalu à devenir, avant sa disparition annoncée, un modèle en matière de lutte contre le changement climatique.
réalisation : en 2003, Gilliane Le Gallic co-réalisait le film Nuages au Paradis sur le cas emblématique de Tuvalu. Dans le prolongement du documentaire, elle fonde l’association Alofa Tuvalu et s’entoure d’une équipe de scientifiques, journalistes, architectes spécialisés en environnement et autres compétences techniques, pour bâtir ce plan concret avec la population et ses dirigeants. Les objectifs en sont les suivants :- le ralentissement des émissions de gaz à effet de serre et le respect d'autres domaines du développement durable : économies d’énergies dans les bâtiments administratifs avec des mesures simples, récupération des déchets organiques et valorisation de la biomasse sous forme de biogaz, de biodiesel et de compost, consolidation des installations solaires existantes...
- une étude de solutions d’adaptabilité a donné lieu à des recommandations, aujourd'hui intégrées à la politique énergétique du pays. Il aboutira entre autres, à la conception de systèmes hybrides solaire/biogaz et éolien/biogaz pour couvrir les besoins électriques des ménages.
- la recherche de terres d’asile où recréer la nation de Tuvalu et l’encouragement des modalités de mise en œuvre du statut de réfugié environnemental/climatique.
La première réalisation exemplaire est un centre de démonstration et de formation aux énergies renouvelables sur Amatuku, îlot de moins d'un km2 qui abrite le TMTI, (Ecole Maritime), qui servira de site ressources pour les Tuvaluens et les habitants du Pacifique. Le Plan décennal Small is Beautiful prévoit l’extension de l’usage de ces technologies à l’ensemble du territoire de l'archipel de Tuvalu... Car même si le compte à rebours est enclenché, les Tuvaluens ne se résignent pas et montrent ainsi l’exemple... à suivre...

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