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BIEN-ETRE ET SANTE

ANTIBIOTIQUES ET NOURRITURE ANIMALE


site Internet :
http://ec.europa.eu/food/
food/index_fr.htm


http://europa.eu/scadplus/
leg/fr/lvb/l12037d.htm


moins de produits chimiques
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quoi : le 1er janvier 2006, l’interdiction des derniers antibiotiques, utilisés en additifs pour l’alimentation animale, entrait en vigueur dans l’Union Européenne. C’était la conclusion d’une cascade de Directives et de règlements sur les méthodes d’élevage en vue de lutter contre le développement des résistances aux antibiotiques. Voilà qui pourrait changer considérablement la condition des animaux domestiques... en attendant d’améliorer la nôtre !

le problème : elles s’appellent listeria, salmonella, legionella, coli ou staphylocoques dorés… leur nombre défie l’imagination des scientifiques. ‘Elles’, ce sont les bactéries qui sont disséminées sur terre, exerçant leur pouvoir de vie et de mort sur tout le règne vivant depuis 4 milliards d’années. Au tournant du 20e siècle, la découverte des antibiotiques nous a laissé croire que nous étions débarrassés de leurs épidémies meurtrières. La nouvelle panacée a été distribuée sans discernement. Quand un antibiotique n’agissait plus, un autre plus puissant apparaissait. Aujourd’hui, les bactéries pathogènes résistent à presque tout, menaçant les cultures, l’élevage et les populations humaines. Elles colonisent les tours de réfrigération, les laboratoires et les hôpitaux. En 1995, l’OMS leur attribuait déjà 17 millions de décès. Tandis que les gouvernements tentent de réduire l’usage des antibiotiques, la recherche se lance dans une nouvelle approche visant à travailler 'avec' la nature plutôt que 'contre' elle. L’élevage leur offre un excellent terrain d’expérimentation.

pourquoi : dans les années 1950, on observa qu’en ajoutant chaque jour de faibles doses d’antibiotiques dans l’alimentation d’animaux sains, les performances de l’élevage s’amélioraient. Meilleure assimilation, prise de poids, gain de productivité, la pratique se répandit sans que personne ne cherche vraiment à élucider le miracle. Dès les années 60, certaines bactéries de la flore intestinale des animaux traités devenaient résistantes aux antibiotiques de leur ration. Bientôt les mutantes s’étaient transmises aux éleveurs, puis aux consommateurs. En 1970, une Directive interdisait d’ajouter des antibiotiques utilisés en médecine humaine dans l’alimentation animale. Quelques temps plus tard, on constatait qu’une bactérie s’était adaptée à la vancomycine, médicament de dernier recours en milieu hospitalier. Ce fut le début des maladies dites "nosocomiales", hantise des hôpitaux. Certains pays ont pris des mesures unilatérales. Pourquoi la Commission Européenne a-t-elle attendu 2001 pour adopter une stratégie ? Selon certains chercheurs*, avant de s’attaquer aux résistances biologiques il fallait vaincre la double résistance économique des éleveurs et des firmes pharmaceutiques, intimement liées face au manque à gagner.

les pistes : comment préserver la productivité des élevages (et des laboratoires) sans effets indésirables ? Les différentes alternatives retenues pour l’instant sont l’emploi d’enzymes facilitant l’assimilation des aliments, l’administration d’organismes prébiotiques et/ou probiotiques qui donneraient une supériorité aux "bonnes" bactéries pour éradiquer les pathogènes, et enfin, les acides organiques et les huiles essentielles. Le succès des huiles de thym, de sauge ou d’origan en apportent la preuve… par les médecines douces. Or, après cent ans de combat contre les appétits sans frein des laboratoires agrochimiques, « les fabricants gardent le silence » sur les variétés et les indications de ces substances précieuses**. Les agronomes se penchent sur l’expérience suédoise…

la condition nécessaire : « en Suède, où tout additif est interdit depuis 1986, il a fallu mettre en place de nouveaux modes d’élevage, une hygiène plus rigoureuse et un nouveau type de formulation de l’aliment. La seule ombre au tableau a résidé en une petite et passagère augmentation de la consommation d’antibiotiques en thérapeutique ainsi qu’en une légère hausse du prix de la viande », observe Claire Gaudichon*, maître de conférences à l’Institut national agronomique, (INA, France) qui conclut en attendant plus de données sur les panacées de substitution : « tout cela ne pourra se faire que s’il y a un effort de coordination entre les pays membres de l’Union Européenne ainsi qu’un changement des modes d’élevage, plus respectueux du bien-être animal ».

* « L’antibiorésistance, c’est les autres… », Claire GAUDICHON (PG 87), Maître de conférences à l’INA P-G, Christelle ARGOT, Séverine GEYER, Stéphane ISRAËL et Baptiste LOISEAU (PG 2000, INIP 2002), France.

** « Les antibiotiques dans l’alimentation animale », Université de Brest, France, 2005-2006
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