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il était une fois... une sociologue du nom de Maria Teresa Leal organisa, il y a une vingtaine d’années, un atelier de recyclage pour les mômes de Rochina, l’un des bidonvilles les plus vastes de Rio de Janeiro. A l’époque, les enfants utilisaient les chutes de tissus et autres débris pour fabriquer des jouets, tandis que leurs mères confectionnaient de superbes robes et chemises à partir de chiffons. Et c’est ainsi que Maria Teresa Leal, elle-même enfant de la favela, encouragea un groupe de cinq femmes à démarrer une petite entreprise de textiles…
…l’affaire a prospéré pour donner naissance à la coopérative, Coopa-Roca. A partir de simples chutes de tissus, elle crée des habits et des objets décoratifs (lampes, tapis, draps, taies d’oreillers, housses de canapé…) dont le design de pointe lui a déjà valu des prix. et ça marche ! Les créations des femmes de Coopa-Roca ont fait le tour des expositions et des salons de mode. Elles sont citées à la fois par les médias brésiliens et par la presse internationale et ont alimenté les éditoriaux des magazines comme Elle, Marie-Claire et Vogue. Aujourd’hui, la coopérative comprend 150 artisanes et un sacré portefeuille de créations confectionnées en partenariat avec les plus grands noms de la couture et de la haute couture brésilienne. Utilisant leurs talents aussi pour le patchwork, le macramé, le crochet ou le fuxicos (un patchwork circulaire du Brésil traditionnel), la coopérative se donne pour objectif d’aider les femmes à contribuer au budget familial en exerçant un métier chez elles, tout en s’occupant des enfants.
la favela & la mode : depuis sa création, Coopa-Roca a réussi à établir des passerelles sociales et économiques entre deux univers fort éloignés : le monde des favelas et celui de la mode. C’est en jouant sur des idées reçues que la fondatrice a concrétisé son concept de ‘créer de la valeur MAINTENANT !’ Elle fait appel à des styles et à une main d’œuvre perçus comme ‘pauvres’ (mais qui sont en fait d’une grande richesse culturelle, comme les immigrées), et les juxtapose avec des matières considérées comme ‘luxueuses’ (mais qui sont en fait gratuites, puisqu’elles sont données, recyclées ou fournies par le client).
au nom des femmes : la majorité des membres de Coopa-Roca, âgées de 18 à 65 ans, sont des femmes au foyer qui n’avaient aucun revenu avant de rejoindre la coopérative. Aujourd’hui, elles gagnent entre 200 et 600 reals brésiliens par mois (soit entre 80 et 250 €), selon le nombre de pièces qu’elles acceptent de coudre ou de crocheter.

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