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contexte : le Rajasthan est semi-aride, situé en bordure du désert de Thar en Inde occidentale. Historiquement, les communautés qui peuplent cet Etat contrôlaient les ressources de façon indépendante et le territoire était relativement bien géré. Après l’indépendance, les principes égalitaires du socialisme ont imposé une répartition des terres en faveur des paysans. Les pâturages et les terres non cultivées devinrent propriété commune des villages. Mais, progressivement, ces terres ont été accaparées illégalement, obligeant de nombreux villageois à vendre leur bétail et à se convertir à l’agriculture. Le contrôle et la gestion de l’eau étaient perdus, passant sous le contrôle des fonctionnaires du gouvernement central.
La gestion des ressources en eau a été confiée à un système public dirigé par le gouvernement central. Les structures communautaires traditionnelles se décomposent et des conflits entre castes se déclenchent avec pour principal enjeu l’eau, et d’autres ressources. Les puits ne sont pas entretenus et les villageois peinent pour se procurer suffisamment d’eau pour leurs besoins domestiques, et surtout pour irriguer leurs champs. L’exode rural s’accélère.
quoi : dans le Nord de l’Inde, le développement agricole a été soutenu par de nouveaux réseaux de canalisations, par l’utilisation de semences à rendement élevé et l’agrotechnologie. Dans le Rajasthan, tout un système d’irrigation alimentée par le Canal Indira Gandhi a été mis en place.
A Laporiya, un village du nord-ouest du Rajasthan, Laxman Singh et ses Guerriers de l’Eau (de jeunes volontaires de l’association Gramin Vikas Navvuyak Mandal ou GVNM) ont réussi à ce que les villageois considèrent l’eau comme un bien public précieux et sacré, qui mérite d’être conservé et vénéré. Dans ses démarches, Laxman a su utiliser la richesse des valeurs religieuses et culturelles du village et de ses traditions. De décennie en décennie, leur travail acharné a transformé ce village en terre agricole fertile, où cheptel et cultures prospèrent en plein milieu d’un paysage naturellement aride et desséché.
pourquoi : pour Laxman, la revitalisation de la zone ne dépendait pas d’une expertise technique, mais plutôt de la capacité à faire revivre des méthodes traditionnelles de recueil d’eau de pluie et, en plus, à impliquer les jeunes dans ce type de projet. La première tâche était de surélever de 2 mètres le sol autour d’un étang. En moins d’un an, l’ensemble des villageois s’est porté volontaire pour ce faire. Ils ont aussi participé à la planification d’un modèle de gestion de l’eau, qui - bien au-delà de la création et de l’entretien des plans d’eau - prévoyait l’irrigation de 300 hectares de terrains collectifs. L’irrigation une fois améliorée, les récoltes se sont avérées de plus en plus fructueuses.
comment : Laxman, assisté d’un ami et du prêtre du village, a commencé par réparer les digues autour du plan d’eau à Ann Segar. Devant l’état de délabrement de l’endiguement, délaissé depuis un quart de siècle, ils se sont rendus compte qu’il leur manquait des bras pour compléter la tâche, ils ont décidé de convoquer tout le village pour demander la coopération de chacun.
Quelques jours plus tard, une trentaine de villageois se sont portés volontaires. Une semaine plus tard, lors de l’organisation d’une autre réunion, Laxman a calculé qu’un travail journalier mené par 60 personnes serait nécessaire pour compléter la reconstruction. Ce projet s’est concrétisé : « Nous avons commencé à travailler et à force de ‘passer le mot’ aux uns et aux autres que nous avions besoin de coopération, nous avons réussi à créer tout un esprit. »
les résultats : le premier objectif du gouvernement est de consolider le travail d’aménagement des ressources naturelles entamé à Laporiya. Près de 200 villages aux alentours ont manifesté de l’intérêt à adopter ce modèle. Depuis, des représentants du gouvernement ont fait circuler dans ces villages des plans d’aménagement des terres agricoles et pastorales.

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