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SET-SETAL :
LE GRAND MENAGE
QUI DEMENAGE…



site Internet :
www.enda.sn/
ecopole/ecop6.html


photo :
http://xcp.bfn.org/repetti.html

set-setal
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Dakar en mouvement : l’association Accro Roller est à l’origine d’une formidable vague qui roule et ondule d’un bout à l’autre de Dakar. Slalom, danse, saut avec tremplin, freestyle, sous la direction de leur maître, Babacar Ndiaye, 200 patineurs, filles et garçons, offrent régulièrement des spectacles de rue assortis de messages de sensibilisation. Le fural (la fête) s’affiche avant tout comme une manifestation citoyenne : quand les Accro Rollers se déploient dans les quartiers, la journée commence par un gigantesque Set-Setal.

identité : set signifie propre et setal, rendre propre en Wolof, la langue la plus populaire à Dakar. L’expression est à double sens. Elle s’applique à la propreté physique autant que morale, en quoi on l’assimile à la pureté. Inversement, elle induit que la saleté dégrade l’homme et la société. En 1988, l’organisation Internationale Enda Tiers Monde avait lancé en association avec l’UNICEF (Dakar) une campagne officielle de lutte contre l’insalubrité dans les quartiers populaires de Dakar.

De grosses pluies se sont abattues dans la ville, les rues sont devenues sales, tout Dakar est devenu un vrai bourbier, la saleté est omniprésente et le mouvement Set-setal était déclenché.

contexte : depuis le milieu des années 1980, le Sénégal avait enchaîné les périodes de troubles.

Avec la politique d’ajustement structurel, l’Etat s’était désengagé des services publics, sans solution alternative. Gonflée par l’exode rural, la ville croissait dans l’anarchie. Les ordures n’étant plus ramassées, les immondices s’entassaient dans les rues. A force de raccordements sauvages, l’adduction d’eau potable et l’assainissement n’étaient plus assurés. Les égouts ensablés refluaient dans la ville, disséminant les infections en porte à porte. Le chômage frappait 30% des jeunes avec la trilogie des fléaux habituels : trafic, drogue et prostitution. L’Etat stigmatisait la jeunesse malsaine et la presse parlait de péril jeune. C’est dans ce contexte que le chanteur Youssou N'dour, enfant du quartier de la Médina et future star de la musique du monde, sortit l’album Set (Propre). Ce tube provoqua un déclic. La jeunesse se leva et le Set-Setal se propagea comme une onde de choc dans tous les quartiers de Dakar.

métamorphose : armée de balais, de seaux, de pelles et de brouettes, la ville entière chantait : Propreté dans ton esprit, propreté dans tes actes, Ainsi je t’encourage… les quartiers furent nettoyés pour l’essentiel en quelques jours. Avec l’accompagnement de l’Atelier Audiovisuel de Enda Tiers Monde, dans l’enthousiasme, la population de Dakar et de ses banlieues avait pris en main le nettoiement, le désensablement et l’évacuation des ordures ainsi le mouvement s’était propagé dans tout le territoire national. Puis, dans l’euphorie du fural, Les jeunes se sont saisis de pneus, de morceaux de bois, de pierres, de murs, de pinceaux, de couleurs et de leur imagination*. Sous les yeux ébahis des élus, ils ont orné de fresques les murs fraîchement blanchis, élevé des obélisques et créé des ronds points pour ralentir la circulation, tracé des trottoirs au cordeau, créé des passages protégés, planté des arbres et des potées de fleurs dans les canaris que leur offraient les femmes. Après un premier soutien de l’UNESCO et de l’ONG Enda, les jeunes ont édité des autocollants qu’ils soumettaient, de préférence aux chauffeurs de limousines, ralentis par la réorganisation des carrefours ! Avec ou sans la participation des artistes, Dakar s’est vue bordée de portraits héroïques, réels ou mythiques, vivants ou morts, d’Afrique et d’ailleurs, modèles de pureté proposés aux habitants. Les contes de la forêt ont été repeints au goût du jour : la hyène jouait au foot avec la chèvre sous l’arbitrage du lion, message de concorde et de tolérance. A l’occasion, Lucky Luke et Mickey leur prêtaient main forte, pour la bonne cause. La majorité des fresques délivraient des conseils d’hygiène, de solidarité et de civisme. Le Set-Setal signa en couleur le manifeste d’une jeunesse foisonnante, riche de valeurs universelles.

demain : les décors ont pali, peu à peu remplacés par les graffitis de la génération hip-hop, mais le message s’est ancré dans les quartiers. Il a définitivement pris place dans les Associations Sportives et Culturelles (ASC), base de l’organisation urbaine de Dakar. Soutenu par les ONG, les Conseils de quartier et certaines municipalités, le Set-Setal demeure un acte fondateur de citoyenneté porté par la jeunesse.

* in Set, les murs qui parlent, Jacques Bugnicourt / Amadou Diallo, Enda, 117 pages, 1991
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