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de quoi s’agit-il ? une Association pour le Maintien de l’Agriculture Paysanne (AMAP) est un partenariat de vente directe entre une ferme écologique et un groupe de consommateurs demeurant à proximité, le plus souvent en ville.
historique : ce système a vu le jour dans les années 60, presque simultanément au Japon, en Suisse, en Allemagne et en Autriche. De là, il a gagné les USA sous le nom de Community Supported Agriculture (Agriculture Soutenue par la Communauté). En 1990, il était décliné au Canada et en Angleterre. En 2001, Alliance Provence Paysans Ecologistes Consommateurs lançait les AMAP en France. Depuis, Alliance Ile France, Rhône-Alpes et Midi-Pyrénées portent ce projet dans leur région.
Le mouvement forme aujourd’hui un réseau de 25 pays qui se réunissent, échangent leurs expériences et partagent les mêmes objectifs. Les AMAP ont tenu leur premier colloque international en 2004 en France, un second en 2005 au Portugal : www.urgenci.net
les produits : les AMAP s’appliquent à tous les produits de la terre : oeufs, volailles, lait, fromages, viande de boucherie et bien sûr les fruits et légumes, plus faciles à cultiver sur les petites exploitations à proximité des villes. Certains consommateurs multiplient les partenariats pour couvrir l’essentiel de leurs besoins alimentaires.
comment ça marche ? chaque année, les partenaires de l’AMAP s’accordent sur les méthodes de production, agriculture paysanne ou biologique, le choix et les quantités de denrées à produire à la ferme, de manière à ce que toute la production soit écoulée. Les prix sont définis en fonction des frais fixes de la ferme, des coûts de production et de la rémunération du paysan, indépendamment des cours du marché. Les consommateurs achètent d’avance par abonnement, tout ou partie de la production, ce qui assure la trésorerie de l’exploitation et permet de ne cultiver que les quantités utiles et nécessaires. En contrepartie, le paysan garantit leur approvisionnement en aliments de qualité, cultivés sans produits chimiques de synthèse, au rythme des saisons. Les partenaires sont solidaires dans les gains comme dans les pertes. En cas d’accident climatique, ils recherchent ensemble les solutions les plus équitables. Les consommateurs participent à la distribution des produits et considèrent la ferme comme leur "seconde maison".
un exemple : la distribution des ‘paniers’ a généralement lieu une fois par semaine à heure fixe, dans un lieu pratique, convenu entre tous. Le paysan apporte ses cagettes. A tour de rôle, un adhérent coordonne la répartition selon un calendrier défini à l’avance. Pour toutes ces raisons, il est recommandé de constituer une AMAP entre voisins ou collègues de travail. Outre l’aspect pratique, l’AMAP tisse ainsi des liens sociaux, riches et inattendus. A titre d’exemple, une journaliste de Radio France a lancé l’AMAP des Ondes avec un agriculteur biologique d’Ile-de-France. Aujourd’hui, 72 employés occupant les fonctions les plus diverses se rencontrent chaque semaine pour faire leur marché sur le parking de l’entreprise. Du haut en bas de l’échelle, des personnes qui se croisaient chaque jour sans se connaître, échangent maintenant les nouvelles de leurs enfants, leurs projets, leurs soucis entre deux recettes de cuisine. Certains se donnent rendez-vous le dimanche à la ferme, pour jardiner en famille autour d’un pique-nique. A l’école du paysan, petits et grands se découvrent et s’initient ensemble à la rigoureuse discipline de l’agriculture biologique.
développement durable : grâce aux ventes assurées à prix garanti ces filières alternatives encouragent le maintien d’exploitations à taille humaine. Elles facilitent l’installation des jeunes, la conversion des fermes à l’agriculture biologique et la restauration de la polyculture. Elles limitent les coûts, tant écologiques qu’économiques, de transport et d’emballage des produits. Dans les fermes, elles maintiennent la diversité des plantes cultivées, favorisent le retour des variétés anciennes et locales, plus résistantes aux intempéries. Les producteurs ne subissent pas les fluctuations du marché qui obligent les agriculteurs conventionnels à vendre à perte ou à détruire le surplus. Ce mode de partenariat crée une réelle solidarité entre acteurs citadins et ruraux. Les premiers garantissent aux seconds une juste rémunération et bénéficient d’une alimentation saine tout en dépensant moins. Enfin, la multiplication des demandes d’AMAP fait obstacle au ‘mitage’ des zones rurales en protégeant les terres des promoteurs immobiliers. Ecologiquement saines, socialement équitables et économiquement viables, les AMAP sont un modèle d’agriculture et de consommation durable, reproductible dans toutes les régions urbanisées de la planète.

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