youthxchange

adresse: http://www.youthxchange.net/fr/main/d459_johnwood.asp
titre: JOHN WOOD : LE DROIT D’AVOIR UN ESPACE POUR LIRE


nom : John Wood
organisation : Room to Read
pays : Etats-Unis, Nepal, Cambodge, Inde et Vietnam
secteur d'activité : organisation à but non lucratif pour l'alphabétisation

Dans ce chapitre, YXC présente une interview fictive avec John Wood, fondateur et PDG de Room to Read (Un espace pour lire). Cette entreprise internationale, orientée sur des résultats, investit dans des écoles et des bibliothèques en Asie. John Wood a décidé de la créer après avoir constaté, au cours d’un trekking de trois semaines dans l’Himalaya au Népal, la pénurie d’écoles et de bibliothèques. Il a alors démissionné de son poste de direction chez Microsoft afin de consacrer 'le prochain chapitre de sa vie d’adulte' à assurer aux enfants des pays en développement les bienfaits d’une instruction - un précieux cadeau que nous offre la vie. Sa passion consiste maintenant à associer ce qu’il a appris dans le monde des affaires aux valeurs de compassion et de dévouement propres à l’humanitaire. Avec Erin Keown – responsable des opérations – il a rassemblé une équipe enthousiaste et dévouée de centaines de bénévoles internationaux qui gèrent toute la chaîne des opérations. En outre, dans chaque pays partenaire, l’organisation dispose d’une équipe administrative de talent.Depuis sa création en 2000, cette ONG à but non lucratif a transformé la vie de plus de 400 000 enfants en construisant plus de 220 écoles et 3 350 bibliothèques, en publiant de nouveaux manuels scolaires en 23 langues locales supplémentaires, en transportant par bateau des centaines de milliers de livres et en installant plus de 45 ateliers informatiques et laboratoires de langues ; elle finance 2 340 bourses de longue durée. Room to Read opère aussi au Cambodge, en Inde et au Vietnam.En janvier 2005, Room To Read a réussi à réunir $1 million de dollars pour construire des infrastructures scolaires au Sri- Lanka, suite aux ravages du tsunami. Et en mars 2006, la Fondation Skoll lui a confié 1,215 million US$ afin de financer un programme quinquennal, comprenant l'ouverture de 5 700 nouvelles bibliothèques et l'extension des programmes d'éducation à 11 pays supplémentaires.

En 1999, vous étiez âgé de 35 ans et occupiez le poste de n° 2 de Microsoft en Chine. Vous revenez après une première expédition au Népal et là, votre vie semble avoir chaviré…
Je suis allé là-bas avec quelques 3 000 livres scolaires destinés à une école qui n’avait pas les moyens de se les offrir. Le projet était une joint-venture avec Dinesh Prasad Shrestha, un coopérant en zone rurale de Katmandou que j’avais rencontré auparavant. A cette occasion, nous avons décidé de relancer cette initiative mais de façon plus structurée. J’ai quitté mon emploi et je me suis lancé dans une nouvelle carrière. Microsoft pouvait se passer de ma présence, mais j’avais l’impression que les enfants du Népal avaient vraiment besoin de moi. J’aimais beaucoup mon travail chez Microsoft, mais pendant mon trekking, j’ai eu un déclic…

Comment avez-vous fait pour aller si vite en besogne ?
J’ai cru que ce serait simple : qu’il suffisait d’ouvrir mon carnet d’adresses et de demander à mes amis et à mes connaissances professionnelles d’investir. La plupart d’entre eux ont refusé. Les amis pensaient que j’étais cinglé de quitter Microsoft. D’ailleurs, qui va investir dans une start-up d’activités caritatives ? Quatre ans plus tard, le projet Room to Read - qui avait démarré au Népal - s’est aussi implanté au Vietnam, au Cambodge et en Inde. Notre ONG caritative a construit plus de 100 écoles de village. Elle a approvisionné plus de 3 000 bibliothèques avec plus d'un million de livres – la moitié en anglais, la moitié en langues locales. Dans les villes qui disposent d’électricité, elle a construit des ateliers informatiques et des labos pour langues. Elle a réussi à récolter suffisamment de fonds pour financer 2 340 bourses de dix ans, destinées à des jeunes filles originaires de pays dont les familles n’ont pas les moyens d’envoyer leurs enfants à l’école publique, seulement les garçons.

Marc Andreessen, fondateur de Nescape et l’un des plus généreux donateurs de Room to Read, a dit que vous aviez apporté au monde caritatif les meilleures pratiques du monde des affaires. Qu’en pensez-vous ?
J’ai dû avoir recours à tous mes pouvoirs de persuasion pour montrer aux gens ce que nous sommes capables d’accomplir – et ce tout en affectant 95% de nos fonds aux programmes, grâce à une réduction importante de nos dépenses administratives. J’attends beaucoup de nos bénéficiaires, mais j’encourage mes donateurs d’attendre beaucoup de mon travail. Notre proposition est simple : nous présentons le problème, la solution et un coût chiffré – et nous assurons le contrôle et le suivi de nos performances. Donnez-nous 5 000 dollars et nous vous garantissons qu’une école sera construite. Mieux encore, il y aura une plaque portant votre nom ou un nom de votre choix. Vous recevrez (par courriel) des rapports et des photos numérisées qui vous tiendront au courant de l’état d’avancement des travaux, de la cérémonie d’inauguration et des progrès des enfants. Nous estimons que si quelqu’un nous donne de l’argent, nous sommes tenus de lui fournir des comptes-rendus de l’état d’avancement. Il est en droit de savoir comment son argent a été dépensé.

Quel est votre objectif ?
Aider à instruire 10 millions d’enfants dans 20 pays. Nous avons parcouru seulement 10% du chemin… En Asie, l’anglais est enseigné dans la plupart des écoles, donc les livres en anglais sont aussi appréciés que ceux écrits dans les langues locales. De nombreux villages à qui nous dispensons nos services connaissent des taux d’analphabétisme de 80% et, si on arrive à faire diminuer ce pourcentage, cela permettra de faire décoller toute une génération. Au Népal, par exemple, à défaut d’un emploi dans l’administration, le commerce ou le tourisme (ce qui demande un certain niveau d’instruction), la seule option qui reste est de transporter des charges de 75 kg sur le dos pour moins d’un dollar par jour.

Et votre mot de la fin ?
Aujourd’hui, le monde compte près d’un milliard d’illettrés. Mon but est d’aider 10 millions d’enfants à savoir lire et écrire d’ici 2010. Jusqu’ici, nous avons aidé plus de 400 000 jeunes à accéder au livre. Cela représente quatre centièmes du 1% des illettrés sur la planète. Donc, bravo ! Grouillons-nous de rependre le boulot !